14.12.2007

Revenons à Vigounir

aissaUn magnifique bébé de 10 mois en pleine santé; probablement la seule dans le village à connaître sa date exacte de naissance, le 23 février 2007.

Sa maman se prénomme Aissa; elle est la première femme de Youri (à gauche sur la photo), dont le travail (saisonnier) est de cuisiner pour les trekkeurs en bivouac, ce qui explique son absence lors de la naissance. Oumar (à droite sur la photo), est l'oncle qui prit en charge notre parturiente lors du fameux transfert à l'hôpital. Ces messieurs ont plusieurs épouses, des jeunes frères, et un nombre impressionnant d'enfants que je n'ai pu compter avec précision; tout ce petit monde habite la même maison...

oumarC'est une maison en banco comme toutes les maisons dogons; un escalier aux marches inégales permet d'accéder aux terrasses où l'on peut dormir; une table avait été dressée pour nous recevoir, signe de luxe, car les repas se prennent d'habitude accroupis autour du plat.

Des échelles conduisent aux terrasses supérieures, où nous avons passé la nuit.

Les petits réduits qui servent de commodités n'ont pas de toiture, à la saison des pluies la douche doit être permanente.

pisteIl arrive que des trekkeurs s'arrêtent à Yenduma Ato et logent sur le toit, comme nous; mais l'accès est tellement difficile par la route (oui Amadou a conduit la 4X4 sur ce sentier de montagne...) que le village est très isolé. Ce qui augmente sa farouche beauté aux yeux des voyageurs mais maintient la population dans des conditions difficiles (notamment pour les soins médicaux).

Rappelons que lors de la naissance de Vigounir, je m'étais informée du retour d'Aissa à la maison, et on m'a répondu, soit à pied, soit à moto; une vingtaine de kilomètres, à 3 jours de l'accouchement, avec un nourrisson dans les bras. No comment.

greniersLes constructions en banco recouvertes de chaume sont les greniers; les greniers mâles contiennent les provisions (mil, sorgho...), les greniers femelles la batterie de cuisine de ces dames.

Grâce à vous cette petite tribu Témé (c'est leur nom de famille) a reçu des provisions bienvenues, du riz, de l'huile d'arachide (un luxe, car d'habitude on cuisine au beurre de karité), et pour les enfants, des biscottes, des biscuits, du fromage vache qui rit et de la confiture, sans oublier du biltung (viande séchée pleine de protéines), ce qui les change de l'habituel "tô" (bouillie de mil). J'avais aussi acheté des sandales en plastique de différentes pointures, chaque paire a dû facilement trouver un propriétaire...

(Virginie)

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